Voici maintenant deux semaines que le malheur a frappé le Japon.
Après notre semaine de retraite à Kyoto et de longues hésitations, nous sommes finalement retournes à Tokyo a contre-cœur pour ne pas perdre nos emplois respectifs. La ville est sombre. Pour économiser l’énergie, en plus de l’obscur système de coupures de courant par circonscriptions, plus de la moitie des éclairages sont éteints, les escalators arrêtés, de même que le chauffage et nombre de magasins ferment boutique plus tôt. Dans le métro et dans la rue le silence règne un peu plus qu’à l’accoutumée.
A la maison aussi, il faut économiser le plus possible, le swiffer a remplacé l’aspirateur, le four reste désespérément silencieux, la télévision ou l’ordinateur fonctionnent, mais pas simultanément et le climatiseur est à l’arrêt. Les sacs de survie sont prêts, les téléphones portables toujours charges, l’ambiance est morose.
Les problèmes d’énergie ne sont pas prêt d’être résolus. Même si d’ici un mois la consommation devrait baisser grâce à la hausse des températures, l’arrivée des fortes chaleurs estivales et ses pics de consommations d’électricité (jusqu’à 65 GW contre les 35 consommés actuellement) va faire revenir le problème sur le devant de scène. Le Kanto (la region de Tokyo, alimentée en électricité par Tepco) va devoir mettre en place rapidement des campagnes d’économies d’énergie, plus efficaces que les campagnes marketing eco actuelles.
Au cours de cette deuxième semaine, nous avons connus encore prés de 200 répliques. La menace d’une réplique de forte intensité dans la région du Kanto plane toujours et pour quelques mois encore. Chaque réplique fait bondir de son siège, on garde toujours ses affaires à proximité et on prend sa douche un peu plus vite que d’habitude. La tension est palpable.
Les retombées radioactives ajoutent au sentiment d’état de siégé, on surveille l’évolution en dents de scie de la situation a Fukushima en espérant une issue positive, on évite de sortir quand il pleut, on laisse chaussures et manteaux sur le palier, et on se lave consciencieusement les mains. Après les légumes et le lait, on nous annonce des contamination de l’eau potable, les bouteilles d’eau minérales sont introuvables. Ce matin devant le supermarché de l’université à 10h, 50 personnes faisaient la queue à l’ouverture.
Dans ces conditions, la question de quitter Tokyo pour s’installer ailleurs est sérieusement posée.
Avant les événements récents la vie à Tokyo n’était déjà pas parfaite : loyers trop chers, population trop nombreuse, personnel médical en sous-effectif qui font craindre une pénurie de soins en cas de catastrophe de large ampleur, sens des valeurs déformé, rythme de vie insoutenable. Pour A, le choix était déjà fait, sa région natale Kyoto, le Kansai, où les gens sont chaleureux et les pâtisseries délicieuses. Aujourd’hui c’est aussi l’assurance de pouvoir compter sur le support de sa famille en cas de problème et l’éloignement de Fukushima le plus loin possible.
Reste le problème majeur du travail. Les recherches commencent.




par Bertrand
30 Mar 2011 à 07:07
Sinon, y’a le Haut-Rhin…
…ah zut : c’est sismique aussi.
par Bertrand
30 Mar 2011 à 07:09
( Bon, faut que j’arrête avec mon « »humour » » facile à 10000 bornes
mais ça commente peu en ce difficile moment ?.. )
par Luc
30 Mar 2011 à 11:53
Et puis en Alsace il y a aussi la plus vieille centrale nucléaire française…