Aujourd’hui, jour férié, equinoxe de printemps.

Hors de question donc l’aller se terrer au labo, surtout que la cantine ne sera pas ouverte et que de surcroît il y a panne de réseau prévue pour la journée entière. J’ai trouvé bien mieux à faire, enfin c’est ce que je pensais. Aujourd’hui c’est l’ouverture du salon annuel du jouet de Bandai, avec en prime des jouets inédits, en vente uniquement pour l’occasion. Et comme j’ai toujours eu un faible pour les chevaliers de zodiaque, ça semblait une occasion inespérée d’acquérir une de ces figurines collector qui vaudront des milliers d’euros dans quelques années (enfin j’espère).

Préparatifs, consultation du plan d’accès et du règlement : ouverture du (seul) guichet à 9h et ouverture des portes à 10h, expositions et magasin séparés, un seul article de chaque sorte par personne, quantités limitées pour chaque jour du salon, ticket valable le jour même uniquement. Fort de ces informations et connaissant le goût des japonais pour ce genre d’événement, décision est prise d’arriver sur place à 8h (avant ça m’est biologiquement impossible). Debout donc à 7h, départ en flèche pour prendre le train, marge de manœuvre de 10 minutes (qui ne sera pas de trop, le calculateur d’itinéraire s’étant tromper de 5 minutes dans la durée du trajet ! inadmissible), petit coin avant de gravir les escaliers qui mènent au hall d’exposition.

Ah, il y a déjà beaucoup de monde, peut-être ceux qui ont eu la chance d’obtenir des billets en pré-vente (système très utilisé ici aux vues du nombre impressionnant de demandes pour chaque événement ou concert). On me fait signe d’aller voir un peu plus loin pour trouver le bout de la file d’attente fragmentée. Plus c’est à dire derrière le bâtiment et surtout sous la pluie… Il est 8h sous une pluie fine mais continue et je prends mon mal en patience, pensant ne pas voir le moindre mouvement avant 9h. La pluie m’empêche de continuer mon livre de poche en papier recyclé, du moins si je veux lui conserver son épaisseur originelle. L’attente est donc rythmée par le crépitement des gouttes d’eau sur le parapluie et la mélodie récurrente de la gare voisine. Mais finalement la progression se fait plus vite que prévue, tout les quarts d’heure on avance de 50 mètres, c’est plus qu’honorable. A 9h30, victoire, arrivée dans la zone couverte, fermeture du parapluie et début de la lecture. Malheureusement toute progression semble maintenant s’être arrêtée. 10h30, à peine 50 mètres plus loin, une envie pressante se fait sentir (j’aurais pas du prendre de tasse de téh ce matin, je le savais). Cruel dilemme, que faire, essayer de patienter jusqu’au guichet, mais au rythme où les choses avances ça peut prendre encore trois heures, abandonner son poste et refaire la queue depuis le début, auquel cas je peux dire adieu à la figure tant convoitée… 30 minutes plus tard, voyant une personne intégrer une place plus avant dans la file d’attente qui n’a d’ailleurs pas progressé d’un centimètre, et surtout n’en pouvant plus, je quitte mon poste et me rue vers le magasin le plus proche, tant pis.

Retour vers le hall, l’air engageant et dégagé, je vais reprendre ma place tranquille, l’air de rien. Personne ne moufte. Pour ça le Japon a tout mon respect, on fit la queue bien discipliné, sans bousculade, personne n’essaye de grappiller de place et on peut faire une pause. Attente suite donc, car la file a avance de seulement 10 mètres en mon absence, et il doit bien 300 personnes devant moi avant le guichet au bout d’un long serpentin aux ondulations qui semblent sans fin. Et puis miraculeusement vers midi le rythme s’accélère, et me voilà avec mon ticket en main à 12h30, prêt à refaire la queue pour entrer dans le magasin, c’est sans fin! Mais au point ou j’en suis je ne suis plus à ça près. J’ai plus ou moins abandonné l’idée de pouvoir obtenir l’objet de mes voeux dont le stock s’écoule à un rythme régulier depuis plus de deux heures maintenant. Cette fois seulement 10 minutes pour atteindre la porte du magasin, un record! Mais mauvaise surprise après le pas de la porte, le comptoir a beau être 20 mètres plus loin, il faut encore suivre un serpentin qui file sur le coté… encore 20 minutes, l’espoir renait à l’approche du comptoir, et enfin c’est mon tour. Et miracle il en reste ! Le bonheur! Bon, il faut le payer quand même ce n’est pas offert, mais quel soulagement à l’idée de ne pas avoir trainé comme un escargot sous la pluie pendant plus d’une demi journée pour rien.

Le paquet en main, on sort du magasin pour retomber sur le début de la file d’attente (c.f. 8h du matin) et par la même occasion narguer les prochains visiteurs dont risquent même de ne pas pouvoir entrer aujourd’hui. Cette fois direction le salon proprement dit. Ici beaucoup mois de monde, on circule librement et on peut admirer au travers de différentes salles thématiques des rétrospectives ou des nouvelles gammes de jouets sur différentes thématiques, telles que les actuellement très prisés Chevaliers du Zodiaque, mais aussi Goldorak et autres robots gigantesques ou encore le super héros insectoïde à moto (si si, c’est très célèbre ici), le tout toujours présenté avec grand soin, plus comme une exposition que comme une simple collection de jouets.

Voilà, déjà la fin du salon, je vais pouvoir rentrer chez moi et enfin m’asseoir après 6h passées debout, le plus souvent immobile. Demain n’étant pas férié, au boulot. Avant de vous laisser, une petite photo de la figurine durement méritée.