Samedi soir, je vais au concert événement du retour sur scène du groupe de rock japonais mythique X-Japan.

X-Japan, c’est un peu les Rolling Stones japonais, en termes de notoriété, pas de style musical, avec des concerts combles dans les plus grandes salles du Japon. C’est aussi le groupe qui a lancé la mode du Visual Kei, ces groupes de rocks plus ou moins extrêmes mais toujours lourdement maquillés et habillés façon gothique, renaissance ou autre. Or donc, X-Japan avait été dissout il y a a peu près dix ans après la mort accidentelle de l’un des cinq membres (mort qui avait entraîné une vague de suicides parmi les fans) et le départ du chanteur. Et voilà t’y pas qu’ils décident de revenir sur scène pour trois jours de concerts à cette date anniversaire. Bien sûr tous les tickets ont tous été vendus en moins d’une minute et je ne dois l’obtention d’un billet qu’à un coup de chance insolent lors d’une loterie pour avoir un billet (pas gratuit, il faut encore le payer).

Arrivé deux heures avant le concert, à l’ouverture des portes, pour acheter quelques articles du groupe. Peine perdue, tout est déjà vendu depuis des heures, tant pis, on va manger un hot-dog en attendant et s’installer tranquillement à sa place tout au fond du stade. La salle de concert, la plus grande du Japon est le Tokyo Dome où ont lieu les match de base-ball et ayant une capacité de 60 000 personnes. Début du concert prévue pour 18h, les japonais sont des couche tôt ne l’oublions pas. La salle est comble et le spectacle commence enfin, porté par une clameur qui ampli toute la salle pendant 2h30.

Venons en au spectacle lui-même. Mise en scène grandiose avec installations high-tech, rien à redire du point de vue technique. Le son aussi est très bon. La performance par contre l’était un peu moins pour moi, n’étant pas aveuglé comme le reste des spectateurs japonais par une nostalgie qui est allée jusqu’à tirer des rivières de larmes de mon voisin de gauche. Plusieurs raisons à ces imperfections. le rythme du concert tout d’abord. Nous sommes en présence d’un groupe de rock tantôt endiablé, tantôt mélancolique qui enchaîne sans transitions les morceaux de hard rock aux solos de guitare endiablés et les ballades accompagnées au piano (le batteur, leader du groupe, est aussi pianiste, nous y reviendrons).

Néanmoins hier soir, le rythme était un peu trop lent pour maintenir une tension suffisante tout au long du spectacle, on avait le droit à deux-trois chansons suivi de 10 minutes de pause que le public meuble en faisant la halo. Un peu mou pour un concert de rock. Je ne ferais même pas de commentaires sur la fin abrupte du concert sans la moindre chance d’obtenir un bis. Deuxièmement, la performance du groupe elle-même, qui semble accuser le poids des années. La voix du chanteur n’a plus toute sa puissance et les doigts des guitaristes plus toute leur dextérité. Mais le pire reste la performance du leader lui-même, le dit Yoshiki, batteur-pianiste, lancé dans un délire narcissique de plus de 30 minutes. Au piano tout d’abord où il nous a gratifié d’un interprétation dissonante du magnifique Lac des Cygnes, puis à la batterie, montée sur un piédestal pouvant culminer à 20 mètres de hauteur, rotatif, et se déplaçant jusqu’au milieu de l’arène. Et là, ça a été un supplice interminable de percussions cacophoniques, rageuses ou désespérées… un cauchemar.

Bon point pour finir quand même, la dernière chanson ou tout le public saute sur place en rythme toute les 10 secondes en croisant les bras vers le ciel. 60 000 personnes qui sautent a pied joint en même temps, ça fait un sacré effet dans l’arène, on a du créer un mini séisme dans le quartier.

Au final donc un concert mythique plus par son affiche que par sa musique. Un peu dommage.