Un peu de retard cette semaine pour le billet hebdomadaire, mille excuses.

Cette semaine donc je voudrais revenir sur deux phénomènes différents, mais qui rassembles laissent plutôt songeur.

Le premier phénomène, c’est celui de ces chiens de race, en général de taille réduite (taille des appartements japonais oblige) que les bourgeoises promènent, ou plus souvent portent, dans les quartiers chocs comme celui ou je travaille. Cette particularité ne me dérangerai pas tant si ces chiens n’étaient pas vêtus souvent de la tête aux pattes de vêtements griffés (j’ai même vu un collier Vuitton l’autre jour) et traites comme des membres de la famille (qui semblerait d’ailleurs se limiter a madame et son chien, avec monsieur en sponsor). Rien ne ressemble moins a un chien a mes yeux que ces lilliputiens décharnés, terrorises par la moindre présence étrangère quand ils évoluent sur le bitume. Toujours est-il que ces animaux de compagnie, semblent de plus en plus jouer le rôle de substitut a une éventuelle progéniture, enfin pour ceux que ce permettre ce luxe, car outre le prix de la garde-robe du canin, son prix d’achat dépasse l’entendement…

Parallèlement, le déclin de population japonaise n’est plus un secret pour personne et la pyramide des ages est ici bel et bien a l’envers, avec maintenant plus de 25% de la population âgée de plus de 65 ans. D’ici 2020, on prévoit d’ailleurs une réduction de la population japonaise des 120 millions actuels a 100 millions (seulement). Et le taux de natalité de semble pas parti pour remonter la pente, même avec la prime par enfant mise en place par le nouveau gouvernement. Ce qui manque cruellement ce sont les structures de soutien qui permettent aux femmes de continuer a travailler après la naissance de leur enfant(s), faute de quoi celles-ci préfèrent maintenant retarder l’échéance au profit de leur carrière. Mais nous entrons la dans un autre débat. Il est aussi surprenant de voir les japonais s’acharner a mettre au point des robots qui se chargeront de la population vieillissante plutôt que d’ouvrir leurs portes a l’immigration (3 infirmières étrangères ont réussi a passer l’examen d’entrée japonais cet année…), mais je m’égare a nouveau. Non, ce qui me fait peur, c’est de voir ces bambins promenés en laisse par leur parents, ou en cagots par les nourrisses.

La frontière entre le bambin et l’animal semble de plus en plus mince, sans que je sache si c’est le statut social du bébé qui décline ou celui du chien qui prend de l’ambleur. J’attends voir si le chihuahua s’occupera de sa maitresse grabataire dans 20 ans…