Et oui, ça y est après moultes préparatifs, j’ai enfin pu faire une manip cette semaine, purifier mon ARNt qui hibernais au frigo depuis vendredi.
Lundi donc … rien parce que mon étudiant m’avait dit « il n’y a que 1 seul appareil pour purifier, donc je fais le mien lundi pour te montrer et tu feras le tien le lendemain », soit. Sauf que Lundi j’ai vu deux appareils utilisables… se foutrait on un peu de ma gueule… on va prendre ça pour une erreur d’anglais pour le moment. Donc, mardi c’est parti, moi aussi je purifie. (petite parenthèse pour rappeler que comme on travaille avec de l’ARN et que c’est tellement fragile, tout se fait sur une paillasse dédié, qu’ils prennent soin de traiter contre les méchantes RNAses avant chaque utilisation. Par contre enlever les kilos d’urée cristallisés sur la paillasse et par terre n’a pas l’air d’être au programme….). Mercredi, suite des opérations, purification sur colonne chromatographique, histoire d’avoir un ARN ultra-pure pour faire des super cristaux. Jeudi, fin des opérations, et oui l’ARN et prêt et comme mon étudiant part en vacances pour une semaine, chômage technique again… La purification des protéines ça sera pour la semaine prochaine. Comme chaque type de molécule est purifiée avec une autre machine, il faut que j’apprenne à me servir d’une autre machine pour continuer.
Petit a parte pour parler du fonctionnement du labo, encore. Contrairement à ce que j’avais pensé au départ, les japonais au labo sont très individualistes et surtout superstitieux Chacun prépare ses solutions individuellement et ne partage pas avec les autres, parce que chacun est persuadé qu’il manipule mieux que les autres et pense que les solutions des autres ne sont pas fiables… à tel point que personnes n’utilisent les litres de tampons commerciaux qui traînent au fond des étagères. Autre conséquence les étagères débordent de tampons en x exemplaires et avec des dates de préparations variant entre 6 mois et 3 ans… Pris d’une frénésie de rangement, j’ai largement fait le ménage dans ce foutoir en virant notamment les tubes d’eau stérile datant de plus de 2 mois ou carrément non annotés et en désincrustant la paillasse et le sol de ses tonnes d’urée, histoire d’avoir un espace de travail à peu près utilisable. Comme personne n’ose m’adresser la parole, je ne risque pas d’avoir de plaintes.
Fin de la semaine au bureau donc, encore, des articles encore, des échanges verbaux toujours aussi riches (bonjour, au revoir) et un sens de la communication affûté (vendredi matin tout le monde se barre de 10h à midi pour assister aux présentation des ‘undergraduates‘ sans juger nécessaire de me prévenir … ils ont dû penser que ça ne m’intéresserait pas.
Bref y a du boulot, et sur de nombreux plans.
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