Et oui, déménagement de laboratoire et impossibilité d’accéder au nouveau dortoir oblige, il va falloir se mettre en quête d’un appartement d’ici la fin du mois de mai, autant s’y mettre le plus tôt possible.
En effet la tâche risque d’être ardue et ruineuse. Ardue à cause de la barrière de la langue, du système retors d’accès à la location japonais et du racisme notoire de certains propriétaires vis-à-vis des ‘gaijins’, ces étrangers qui auraient mieux fait de rester dans leurs pays. Ruineuse par le prix des loyers dans la ville de Tokyo même et la multiplication des sommes à débourser.
Pour louer un appartement au Japon, il faut donc tout d’abord se rendre dans une agence immobilière, pas moyen d’y couper. Là, on est au petits soins pour vous, courbettes, thé, établissement d’une fiche de vœux et visites des appartements en voiture. La contrepartie étant que la dite agence va encaisser un mois de loyer en frais. Ensuite il faut choisir son appartement, quel taille (sachant que les mesures se ont le plus souvent en tatami et ne comptent que la surface des pièces, sdb, entrée et toilettes exclues, ce qui ne facilite pas les calculs), quel type de construction (légère en bois, mal isolée et insonorisée mais moins chère ou bien en brique), quel étage et aussi quels nombres d’étages dans le bâtiments (immeubles ou maisons à deux étages), quel emplacement et à quelle distance des gares et autres commodités et aussi tous les équipements disponibles. Enfin les sous, il va falloir mettre la main au porte monnaie, voir plutôt au compte en banque directement. Frais d’agences, 1 mois non remboursables, caution, 1 ou 2 mois remboursable si on ne dégrade pas l’appartement, cadeau au propriétaire pour le remercier de nous laisser louer sa propriété, 1 ou 2 mois non remboursables et bien sûr le loyer du mois à payer d’avance. A 600 € minimum de loyer mensuel l’addition est plutôt salée et fait réfléchir à deux fois avant de se décider.
Tous ces paramètres en tête je me suis donc mis au courant de la semaine à chercher des appartements sur internet, grand avantage du Japon. Dans mes critères, un loyer entre 450 et 650 euros, au moins 20 m², assez proche du labo pour pouvoir y aller à pied, pas le long des grands axes, construction assez récente en dur, pas au rez-de-chaussée et moins de 3 étages. Avec tout ça le choix s’est révélé assez limité. Un petit coup de téléphone des étudiants à l’agence la plus proche et rendez-vous est pris avec un interlocuteur ayant des notions d’anglais pour samedi 14h.
Et nous y voilà. Accueil chaleureux, thé et remplissage de la fiche de renseignements. Pas de chance, l’appartement n°1 sur la liste de vœux est réservé aux femmes (encore une singularité japonaise). Tant pis, on me propose d’autres appartements répondants à peu près au même critères. Après sélection photos à l’appui, 2 principaux sont retenus et 3 autres en second recours. Impossible de visiter le premier qui n’est pas encore libéré, mais on va quand même aller voir à quoi ça ressemble et visiter le second. En voiture, les déplacements sont lents, interrompus par la surpopulation de feux de signalisation et la connaissance géographique du voisinage aléatoire de mon guide. Point confirmé par les 10 minutes nécessaires pour trouver chacun des deux appartements une fois sortis de la voiture, le système d’adresses japonais n’est vraiment pas clair et pas seulement pour les étrangers.
Premier appartement donc, plus petit que prévu à priori mais c’est difficile de juger sans le voir, mais voisinage très agréable, quartier résidentielle avec nombreuses petites ruelles verdoyantes, des bâtiments qui ne dépassent pas les deux étages et presque aucune circulation. Deuxième appartement (après 30 minutes de voiture alors qu’il ne doit pas être à plus de 5 minutes à pied du précédent…) ambiance moins chaleureuse. Béton partout, hauteur moyenne 5 étages, appartement assez grand mais aux murs qui sonnent désespérément creux, au rez-de-chaussé et avec une organisation de l’espace peu avantageuse (un comble au Japon).
Pas grand chose à se mettre sous la dent donc ce premier jour. Rendez-vous est pris demain même heure pour d’autres visites, j’espère plus intéressantes. En attendant je continue à éplucher les annonces qui mettent de plus en plus en doute mes critères de choix…
La route semble encore bien longue.
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