Ce samedi, même musée, mais nouvelle exposition.
A l’opposée de Modigliani la semaine dernière, je suis cette fois allé voir une exposition dédiée à l’œuvre de Emily Kame Kngwarreye. Je dis opposé parce que cette native aborigène australienne a vécu toute sa vie (ou presque) au sein de sa communauté, retirée dans le désert et qu’elle n’a commencé sa carrière de peintre qu’à l’âge de 80 ans. Jusqu’alors elle participait à la vie de sa communauté en confectionnant notamment nombres de batiks. Mais elle s’est progressivement tournée vers la peinture et a fait évoluer les techniques et le style pictural aborigène vers une forme d’art abstrait.
Au cours des 10 dernières années de sa vie elle a réalisé plus de 3000 tableaux, toujours peints au sol (donc dépourvus de sens de lecture) et pouvant mesurer jusqu’à 3 mètres sur 18. D’abord focalisée sur une représentation pointilliste, elle a fait évoluer sa technique au cours des années pour passer par les lignes et les grandes plages de couleurs. Son seul et unique sujet d’inspiration est toujours la nature, le désert australien et passage des saisons.
A travers les tableaux exposés, la grande variété de formes et de couleurs employées, j’ai été impressionné par la formidable énergie de cette femme octogénaire dont l’imagination semble être sans limites.
Cette fois encore nombre de panneaux explicatifs en anglais m’ont permis de profiter pleinement de cette exposition, même si certaines interprétations des tableaux me laissent toujours aussi perplexe. Est ce moi qui manque d’ouverture d’esprit ou de fibre artistique. Ça me rappelle ces cours de français de lycée où le professeur vous explique au travers d’une longue litanie tout ce que le poète a sous-entendu et suggéré au travers de son texte. Je me suis toujours demandé si le poète avait passé autant de temps à composer ses vers que nous en mettions à les déchiffrer.


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