En ce moment le rythme de travail est plutôt réduit au labo, et pour cause, on déménage de nouveau. Après seulement deux ans dans nos nouveaux locaux en plein cœur du quartier des riches, on déménage pour le campus principal de l’université de Tokyo et ses bâtiments centenaires (ou presque). Plus de prestige donc, mais moins de place… en plus il parait que le labo d’à cote travaille avec des souris, bonjour les odeurs.
Pourquoi ce changement de labo? Une raison principale a été invoquée par le chef, pourvoir recruter plus d’étudiants brillants, qui vont se tuer au travail (cf notre champion, 11h-4h du matin 7 jours sur 7) et qui ne partirons pas après dans une entreprise quelconque a la fin du Master. Selon le chef, les étudiants qui viennent de notre ancienne université ont plus de probabilité de partir dans le prive, l’université ayant des liens plus forts avec les entreprises. Et comme en plus un étudiant de Master qui ne reste pas en thèse va passer l’équivalent d’une année a chercher son futur travail, c’est de la place et du temps de formation perdu pour le labo (surtout quand l’étudiant va travailler comme agent de gare…). Au contraire, celui qui veut rester en thèse ne va pas perdre du précieux temps de recherche et sa formation sera mise a profit. Malheureusement il est extrêmement difficile d’obtenir une bourse de thèse (un article en premier auteur minimum) et c’est ce qui décourage la plupart qui ne souhaitent pas s’endetter pour faire une thèse avec a la sortie de faibles chances de trouver un poste. Mais je m’égare.
Les raisons de notre déménagement sont aussi sentimentale. Le nouveau labo appartient au département ou le chef a obtenu sa thèse, et plus précisément l’ancien occupant du labo n’est autre que l’ancien chef de mon chef, devenu depuis son rival. Reprendre son labo c’est donc aussi, je pense, une petite vengeance personnelle.
Parce que ce déménagement engendre aussi pas mal de désagréments pour les autres, un mois de travail perdu, tout a organiser pour le prof associé, un trajet encore plus long chaque jour pour la plupart des membres du labo, et la nécessite de re-déménager pour ceux qui veulent continuer a travailler passe l’heure du dernier train.
Pour moi, pas trop de changement, j’ai déjà déménage au début de l’année pour me trouver a équidistance des deux labos. Quelques jours de chômage technique j’espère!

par Bertrand
21 Juil 2010 à 07:00
Hmmm, la partie « orientation » m’intéresse mais je ne suis pas certain de bien suivre :
tu veux dire qu’arrivé en Master, l’étudiant a le choix entre passer un an à trouver un taf finalement sous-qualifié ou s’endetter pour faire une thèse aux débouchés encore plus incertains, c’est ça ?
Sauf que dans le 2e cas, il est au moins utile au labo par son travail de recherche ?
Si je puis me permettre, le Chef de labo a un rôle à jouer pour résoudre cette quadrature du cercle :
puisqu’il veut profiter de l’étudiant chercheur, eh bien qu’il se bouge pour aider les master à décrocher la fameuse bourse qui facilite la thèse – mais le fait-il ?
par lucnoken
21 Juil 2010 à 17:15
C’est tout a fait ca, quoique je ne qualifierais pas que le futur poste des Master comme sous-qualifie, étant donne que l’obtention du Master est un pre-requis indispensable. C’est juste que le poste est rarement en adéquation avec la formation universitaire suivie.
La on touche un autre problème, qui est a mon sens que la formation universitaire japonaise n’est pas très efficace (d’après quelques échos que je pu avoir) et que les étudiants japonais passent la majorité de leur années d’études dans les activités de club. Pour caricaturer, on pourrait dire que l’université c’est l’ensemble cumulé des vacances que les japonais ne vont pas prendre pour tout le reste de leur vie professionnelle.
Mais revenons au Masters. Effectivement le Master qui cherche du travail est doublement moins utile. D’une part il occupe une place dans le labo alors qu’il ne va finalement être présent que la moitie du temps au mieux. Et d’autre part, sa formation au techniques de laboratoire est un investissement sans retour.
Quant au chef, il joue effectivement un rôle prépondérant dans l’obtention des bourses de thèses. Lorsqu’un étudiant est motive pour poursuivre une thèse, il se charge de l’inclure dans les projets de recherches en cours qui mèneront a un ou plusieurs publication rapides (le graal pour avoir une bourse) pour gonfler son dossier. Ça peut aller jusqu’à offrir un article en deuxième auteur dans un gros journal pour une participation au projet de l’ordre de 1%. Le procède est compréhensible mais peut faire grincer des dents certains étudiants délaissés.