Non, on ne va pas causer duvets aujourd’hui, mais science. Oui, hier matin, alléluia, notre article, le premier en tant que premier auteur dans le labo N., a enfin été accepte après de nombreuses péripéties, petit résumé.
Il y a un an et demi, j’entame un nouveau projet, a priori facile mais intéressant, qui avançait tranquillement, jusqu’à ce qu’on apprenne l’été dernier par un de nos espions qu’une équipe américaine est aussi sur le coup.Le chef s’affole et je dois mettre les bouchées doubles pour ne pas se faire coiffer au poteau. Le travail boucle a l’automne, il s’agit alors de choisir le bon journal ou soumettre: si on vise trop haut, on est sur de se faire jeter et on perd du temps pour rien, si on vise trop bas, on ne rentabilise pas assez le travail.
On envoie donc d’abord une petite lettre a Nature (une des meilleures revues du domaine) histoire de tâter le terrain, qui a ma grande surprise suscita l’intérêt de l’éditeur. On se prépare donc envoyer le manuscrit, quand la veille l’article des concurrents est publié… quitte ou double, on envoie en faignant de ne pas avoir vu la publication. A ma grande surprise l’éditeur ne dit rien et envoie le manuscrit aux référée de son choix (toujours anonymes). Un mois plus tard le verdict tombe… refus assaisonné des commentaires lapidaires des référée: ‘travail déjà publie, n’apporte aucune nouveauté, et en plus le travail est mal fait…‘. Douche froide.
Les expériences réalisées entre temps pour palier aux critiques envisagées n’ayant rien donné, on remanie le manuscrit et on renvoie a un autre journal, PNAS. Un autre mois plus tard retour du manuscrit, verdict: ‘refusé, c’est mal écrit…‘ mais l’éditeur nous donne une deuxième chance si on corrige. Mea culpa, un peu dépité du premier refus je n’avais pas prêté grande attention a la re-écriture du manuscrit qui avait perdu au passage de sa rigueur scientifique. Il faut dire aussi que le chef ne prête pas une attention particulière a la phase d’écriture des articles. C’est donc mon collègue et ami N. qui m’a aide a re-écrire l’article en quelques jours, puis renvoie a PNAS.
Et miracle donc hier matin, réponse favorable du journal, l’article est accepté sans modifications supplémentaires, le rêve. Il me reste maintenant juste une chose a faire, proposer une image pour faire éventuellement la couverture du magazine, d’où le titre du billet. Malheureusement, il n’est pas évident de trouver l’inspiration pour un travail de biologie structurale. Les couvertures représentant des structures de protéines sont de moins en moins populaires, les journaux leur préfèrent des images plus artistiques. C’est en cherchant l’inspiration que je suis tombé sur ce surprenant mariage de l’art et de la science, sous la forme de sculptures en verre de microorganismes ou de virus. Surprenant.
Plus de photos sur le site lukejerram.

par Bertrand
19 Jan 2011 à 08:47
1. Félicitations
2. Ça fait un peu penser au scénario Montagnier vs. Gallo pour la découverte du VIH, cette histoire
3. Quel numéro de PNAS ?
par lucnoken
19 Jan 2011 à 09:16
Merci.
L’article vient d’être accepte par l’éditeur, il faut donc compter encore un bon mois sinon deux avant de le voir apparaître en AOP (Advance Online Publication) et encore plus pour la parution dans un numéro du journal même.
par Caro.p
20 Jan 2011 à 00:15
Bravo Luc! Félicitations!!
Pour la couv’, on te fait confiance,t’as déjà assuré dans Structure!!
Bises
Superbes ces sculptures en verre…