Hum, ça fait pas très japonais ce titre, mais peu importe. La charge de travail quotidien cette semaine étant proche du zéro absolu les heures défilent plus lentement à la pendule que d’habitude. Heureusement qu’il a fait beau toute la semaine, il y a au moins quelque chose à regarder par la fenêtre…
Plus sérieusement cette semaine, suite et fin (je l’espère) des formalités administratives. Mercredi matin, direction l’ambassade de France pour l’inscription sur les registres et par la même occasion sur les listes électorales (on sait jamais, des fois que je sois pris d’un sursaut de sens civique à plus de 10 000 km de la France). Toujours équipé de ma carte de Tokyo made in France (très bon achat ce petit livre, les plans sont bien détaillés, je recommande vivement à tous ceux qui passeraient à Tokyo un jour) je sillonne à travers les ruelles du quartier des ambassades sous un soleil éclatant (quelques arbres en plus auraient été le bienvenu, mais on ne peut pas tout avoir). Sur place on me dit que j(aurais pu simplement envoyer le formulaire au lieu de venir… c’est pas grave, au moins je profite du beau temps. Puis on me remet un petit fascicule avec les recommandations en cas de catastrophes naturelles, à savoir principalement les tremblements de terre.
Les tremblements de terre. Il y en a tous les jours au Japon, mais souvent de magnitude tellement faible que je n’en ai pas encore ressenti un seul. Néanmoins la menace est constante et le spectre des tremblements de terre de Kobe en 1995 ou Tokyo en 1923 plane encore dans l’inconscient collectif. Rajoutez à ça la prophétie d’éminents scientifiques japonais sur la survenu du grand tremblement de terre, d’ampleur encore jamais ressenti, qui dévastera le Japon (et surtout Tokyo) dans la (ou les) prochaine(s) décennie(s) et la psychose collective est omniprésente. D’où tout un tas de recommandations en cas de catastrophes: s’abriter sous une table bien sûr, mais aussi couper le gaz, maintenir une porte ouverte, ne pas paniquer (sic), rester chez soi plutôt que se précipiter dehors pour se prendre une enseigne ou un pot de bleu sur le coin de la gueule, écouter les infos et le cas échéant rejoindre le point de rassemblement du quartier. Pour se préparer activement, chaque 17 Janvier (date anniversaire du tremblement de terre de Kobe) ont lieu tout un tas d’exercices de prévention. D’autres services sont aussi à disposition comme la possibilité de prévenir ses proches par téléphone plus rapidement.
Mais le plus cocasse je trouve c’est le sac de survie. Et oui, s’agirait pas de partir de chez soi les mains dans les poches ou avec seulement son téléphone en main. Il faut préparer à l’avance un sac qui contiendra de quoi survivre pendant 2-3 jours qui sera toujours prêt à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Dans le sac il faut prévoir : de bonnes chaussures, une couverture de survie, un sac de couchage, un pull, des sous-vêtements de rechange, un tapis de sol, un casque, un couteau suisse, une lampe torche, une radio, des piles, une trousse de premiers soins, des vivres pour trois jour et de l’eau (pour 3 jours avec 3 L/jour) et bien sûr papiers d’identité, livret bancaire et autres paperasses. Je vous laisse imaginer le poids du sac à dos de survie une fois rempli, sachant qu’on recommande bien sûr de prendre le strict minimum et de voyager léger… Reste à savoir si tous les japonais ont vraiment un tel sac (1 personne bien sûr) prêt chez eux en permanence. Moi je suis mal parti, j’ai même pas pensé à emporter un couteau suisse… c’est la loose.
Bon, revenons à la journée de mercredi. Après l’ambassade, direction le bureau de l’immigration pour se procure une autorisation de ré-entrée sur le territoire à usages multiples (sans ça, pas le droit de revenir au japon après un voyage). Anciennement localisé près de Shinjuku, le dit bureau a déménagé il y quelques années sur la baie en plein secteur industriel… un régal. Ayant encore toute la journée devant moi, je décide d’y aller à pied. En chemin je tombe sur un sanctuaire abritant les tombes des célèbres 47 ronins et pullulant de lycéens en sortie ‘cours d’histoire’ et notant consciencieusement le nom sur chaque tombe tout en me jetant des regards en coin. Je poursuis ma route vers la baie dans un paysage beaucoup moins attrayant de béton, d’acier et de buildings immenses, le tout avec cette bonne odeur de la mer. Arrivé au bureau de l’immigration, comme un air de déjà vu. Comme quoi toutes les grandes administrations se ressemblent indépendamment du pays… Heureusement pour moi pas grand monde au bureau du re-entry permit et après m’être acquitté de la somme de 6 000 yens en timbre fiscaux, on me colle la vignette magique dans le passeport, valable trois ans comme le visa, le pied. A partir de maintenant plus besoin de faire une longue queue au bureau de l’immigration à chaque voyage comme tous les touristes, je pourrais passer par un guichet spécial. Vive la promotion sociale!
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Sur le chemin du retour je m’arrête pour faire faire ma carte de train mensuelle. Tout en japonais au guichet, j’obtiens pas peu fier ma carte avec une facilité déconcertante. J’apprendrais le lendemain que je n’ai qu’une carte magnétique qu’il faut passer dans l’avaleur à chaque passage (comme les tickets) alors que j’aurais pu avoir un badge qu’il suffit de passer au-dessus d’un détecteur… demi-victoire donc, et mis à jour vers ce système dans un mois.
Le reste de la semaine pas grand chose d’intéressant, journées interminables au labo à lire des articles, quelques mails et attendre mon collègue pour aller se restaurer. Seul point positif ce matin après passage à la banque j’ai pu constater avec joie que j’avais enfin reçu mon salaire et quel salaire: de ‘à la rue’ je suis passé directement au stade de demi-millionnaire. La grande classe. Je sens que vais aller faire les boutiques demain (quel bonheur d’ailleurs les magasins ouverts tous les jours et jusqu’à point d’heure). D’ailleurs on vient à l’instant de me remettre ma fiche de salaire. Pli scellé, format vertical, la classe. Je n’ose même pas l’ouvrir.
Bon vendredi à tous et bon weekend.
N’hésitez pas à laisser des commentaires, ça me donnera un peu moins l’impression de monologuer.
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