Comme chaque année, fébrilement attendue, sur-planifiée et immensément populaire, la saison des cerisiers en fleurs arrive enfin, cet événement annuel mais éphémère où les japonais viennent se perdre dans la contemplation des arbres en fleurs et plus trivialement dans l’absorption de boissons alcoolisées sous les dits cerisiers.

Car oui, le hana-mi (la contemplation des fleurs de cerisiers) est une véritable institution. La floraison est suivie par satellite, les dates annoncées à l’avance, chaque parc distribue un plan répertoriant la trentaine de variétés de cerisiers existants et leur emplacement exact et les zones de stationnement autorisées. Chose rare, des renforts de poubelles publiques sont installés pour absorber la masse de déchets générée par les festoyeurs.


En effet quand on vient c’est en large communauté avec la technique classique qui consiste à envoyer aux aurores ou la veille un larbin réserver l’emplacement convoité grâce à une bâche aux dimensions démesurées. Quand le reste des convives arrive en début d’après-midi la fête peut commencer et durera jusqu’au bout de la nuit, ou bien jusqu’au dernier train.

Même si l’idée est louable et le concept attractif, j’ai un encore un peu de mal à concevoir de venir pic-niquer entouré d’un petit millier d’inconnus, ça manque un peu d’intimité à mon goût. Deuxième argument, mes connaissances se comptant sur les doigts d’une main, il serait difficile de faire le poids. L’année prochaine peut-être…


Certains auront remarqué ma tendance à faire des phrases rallonges, chose qui s’explique pas par une quelconque volonté d’essayer de changer de style, mais plutôt d’un souci pratique visant à compenser la défectuosité croissante de la touche point de mon clavier, répondant à une frappe sur vingt, chose qui tend à énerver assez vite. L’achat d’une nouvelle machine est à l’étude même si ça parait un peu ridicule de changer d’ordinateur pour une simple touche de clavier; ça sera aussi une bonne excuse pour basculer définitivement du côté obscur de la pomme.