Papier

Oui le papier.

Alors d’accord les japonais sont les rois du papier sous toutes ses formes et lui vouent un véritable culte. Ils sont experts de l’origami et de l’art de l’emballage, peuvent réaliser des vêtements ou des sculpture entières en papier. Mais alors pourquoi leurs mouchoirs et leur papier toilette sont ils aussi merdiques? On prend un mouchoir, on souffle un coup, et hop un gros trou dedans. Prenez un kleenex, séparez les 4 couches et vous obtenez 4 mouchoirs japonais super haute qualité. Parce que la basse qualité ça se rapproche plus d’une feuille de papier classique… Papier toilette, même combat, on se voit à travers… D’après mes experts japonais, il s’agirait d’une mesure nécessaire dû aux spécificités du réseau de canalisations japonais. En attendant il faut compter un paquet de mouchoir entier pour se moucher une bonne fois (surtout en hiver), et 10 mètres de PQ à chaque utilisation…

Appartement

Et oui, enfin quelques photos de mon antre. Comme allez pouvoir le constater, il y a un ‘certain’ nombre de recommandations affichées un peu partout dans l’appartement. Ma préférée, le mode d’emploi des toilettes occidentales. Je vous fais grâce du livret d’entretien de l’appartement.

Le reste des images est sur la galerie.

Weekend … troisième, moteur … et action

Encore de la neige, là franchement ça devient lassant. C’est le monde à l’envers; ici il neige et en France pas. Tout tourne de travers cette année.

Mais avant le weekend, la fin de la semaine, plutôt calme. Pas grand chose à faire au labo, et il y en aura encore moins la semaine prochaine. Tout le monde est trop occupé pour continuer à me montrer le fonctionnement des appareils, en particulier le Master 2 qui s’occupe de moi et qui doit rendre son manuscrit la semaine prochaine. Sachant que ça sera le seul à passer en thèse cette année, Osamu préfère lui donner toutes les chances de réussir. Donc la semaine prochaine, je suis gentiment prié de faire de la biblio, rédiger des projets et continuer à m’enregistrer à l’ambassade ou au bureau de l’immigration par exemple. De toute façon la semaine prochaine sera courte, lundi étant férié.

L’objectif numéro un de ce weekend était donc l’achat d’un téléphone portable avec l’abonnement qui va avec. Bien sûr, avec l’aide précieuse de ma secrétaire personnelle bilingue ‘A’ j’avais préparé le terrain à l’avance, épluché les offres des différents opérateurs, leurs conditions de ventes, l’utilisation du téléphone à l’international et les multiples combinaisons de réductions utilisables et éventuellement cumulables. Sur les 3 opérateurs AU, DoCoMo et Softbank, le premier a été éliminé car ne proposant pas d’utilisation du téléphone à l’étranger et le dernier après consultations aux labo (la raison exacte du desamour pour Softbank m’est resté un peu vague, mais peu importe).
Reste donc plus qu’à choisir le téléphone lui même, compatible international bien évidement. Tous les téléphones étant bourrés de fonctions, cette overdose de technologie a tendance à se ressentir physiquement sur la machine, ne serait-ce qu’à cause de l’écran sur-dimensionné pour un meilleur confort visuel. De la même façon, plus y a de gadgets, plus le téléphone est cher, logique. Donc, j’ai choisi un téléphone petit (relativement) avec pas trop de fonctions (de toute façon j’ai pas l’intention de regarder la télé ou de surfer sur le web avec un appareil qui n’affiche pas plus de 20 caractères par lignes…) : le L704i. Sous ce nom barbare se cache en fait le « Chocolate » de LG, bien connu en France, mais avec un peu plus d’embonpoint.

Avec toutes ces informations en main, direction donc les boutiques de téléphonie mobile du quartier de l’électronique, histoire d’augmenter les chances de tomber sur des vendeurs un tant soit peu bilingues et de bénéficier de réduction avantageuse. Premier constat, la boutique officielle n’est pas si avantageuse que ça, direction donc un magasin indépendant. Lentement mais sûrement le contrat se négocie: téléphone gratuit, engagement de deux ans avec 50% de réduction sur le forfait, forfait 1h, services internet, package internet, numéros favoris, garantie dégâts, prélèvement automatique. Résultat rien à payer aujourd’hui. Rien vraiment ? … et ben non, dommage il faut quand même acheter le chargeur, non inclus dans le pack… Dernier réglage en boutique, le passage des menus en anglais et me voilà reparti, connecté. Ça y est maintenant moi aussi je vais pouvoir passer mon temps dans le train à tripatouiller mon portable et ses innombrables breloques pantelantes. Mais, pas tout de suite, il faut d’abord comprendre comment fonctionne la bête.
Nous voilà donc devant la notice. Exit la notice en japonais, penchons nous plutôt sur la version anglaise, disponible sur le site du fournisseur. Premier constat, ça va être long. Il y a 400 pages au compteur… Second constat, il y a beaucoup de fonctions incompréhensibles: quelle différence entre les mails et les messages R/F ? Troisième constat, après 5 heures de lecture, je vais finalement n’utiliser que les fonctions de téléphonie et de mail. Pas moyen de lire des mp3, internet en japonais incompréhensible et pas moyen de couper le son de déclic de l’appareil photo (une mesure de lutte contre les stalkers qui essaient de prendre des photos sous les jupes des filles dans le métro… ). Seule consolation, il est quand même super beau ce portable, et il ressemble pas à une poêle à frite comme la plupart de ceux que j’ai pu voir.

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Mais comme c’est le weekend, c’est aussi le moment d’aller au musée.
Samedi, en revenant de l’opération portable, petite pause à la gare de transfert. Il fait encore jour et il ne pleut, autant en profiter pour faire une petite promenade, surtout qu’il y a un parc pas loin. En fait, le parc abrite un musée, qui propose justement une exposition sur la photographe d’architecture japonaise de ses origines à nos jours.

C’est parti. Très belles photos de différents type d’architecture et de l’évolution de la l’architecture japonais au cours du siècle dernier. Ambiance feutrée et lumière tamisée pour préserver les différentes pièces de collection présentées. Particulièrement belles, les photos de Ishimoto Yasuhiro, avec un sens de la composition et du graphisme admirable. J’en profite pour acheter le livre de l’expo.

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Dimanche après une bonne grasse matinée, même programme. Direction cette fois le musée de la photo pour une exposition de Tsuchida Hiromi, intitulée ‘Nippon’ qui cherche à dépendre l’évolution de la culture japonaise depuis la seconde moitié du 20ème siècle. De la culture rurale on passe au milieu urbain et ses flots déferlants de passants, pour ensuite tournoyer dans le faste de la bulle économique avant d’arriver à l’actuel individualiste au travers de photos de plan larges ou chaque couple ou famille forme une entité séparée du reste des personnes présentes. Enfin dernier témoignage de cette évolution au travers de l’auteur lui-même qui s’est pris quotidiennement en photo depuis plus de 20 ans.

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Tombe la neige

Troisième chute de neige au Japon…

Cette fois ça commence à faire vraiment beaucoup! Si les japonais sont aussi bien préparés aux intempéries hivernales que les chinois ça promet…

Aujourd’hui enfin j’ai récupéré ma carte d’alien (si si, sans blague, ça s’appelle l’alien registration card), je suis maintenant officiellement enregistré dans les fichiers du gouvernement japonais comme étranger en séjour régulier. Grâce à ce Sémane, toutes les portes (ou presque) vont maintenant s’ouvrir.
Premièrement l’enregistrement officielle du sceau. Et oui, ici le tampon encreur est roi et a valeur d’engagement officiel alors que la signature n’est qu’un vulgaire gribouillis sans intérêt. Mais attention, pas question de mettre n’importe quoi sur son tampon encreur, pas de petits dauphins ou autre fantaisies, nom de famille obligatoire. Sachant que le nombre de noms de familles est assez limité au japon comparé à la taille de population, les variations peuvent se faire sur la police de caractères, leur organisation ou le matériau utilisé. Sa taille varie aussi en fonction de l’importance (par exemple le mien fais moins d’un centimètre alors que celui de l’université en fais bien 4). Refermons la parenthèse sur le sceau et revenons à nos portes.
Seconde porte, et non des moindres, le compte en banque. Accompagné d’Osamu (traduction oblige) et après une bonne heure dans la banque, ça y est j’ai mon compte avec son petit livret, style le livret A de la poste d’il y a 20 ans pour ceux qui se souviennent, où une vieille imprimante à ruban rajoute une ligne sur le livret après chaque opération (et dire qu’on est dans le pays le plus high-tech). Pas de Mastercard pour le moment, pas assez riche, repassez dans 3 mois. Mais 3 mois de services gratuits, même si j’ai pas encore compris de quoi il s’agissait.
La prochaine étape sera le téléphone portable (avec ses innombrables fonctions). Là encore le choix va être difficile. d’abord parce que je ne pense pas qu’un membre du labo viendra pour m’y accompagner, mais aussi parce que les offres des 3 différents fournisseurs sont identiques. Et quand je dis identique, ça veux dire même forfaits, aux mêmes prix (au centime près) et même réductions pour deux ans d’engagement… Commet choisir? Pour l’instant le seul critère que je vois reste les téléphones eux-mêmes qui sont différents suivant le fournisseur. Malheureusement pour en avoir déjà tripoté un certain nombre les derniers weekends, on ne peux pas dire qu’ils soient particulièrement attrayants. Toujours très gros, majoritairement à clapet (option miroir de beauté sur le dessus) avec une gamme de couleurs on dira originale et un design relativement mais résolument moche. Point positif, de nombreux modèles ont maintenant une interface entièrement en anglais. Reste le prix; pas de mystère, plus y a de gadgets (écran qui pivote pour regarder la télé), plus c’est cher. Plus d’infos la semaine prochaine je pense.
Pour la suite, restent encore la carte d’abonnement pour le train (ou encore plus classe, le téléphone portable qui contient les données de l’abonnement et remplace la carte; on passe le portable sur portique et hop on passe), le permis de quitter le territoire et plus important de ré-entrer, l’inscription à l’ambassade (pour voter) et bien d’autre choses encore que j’aurais le plaisir de découvrir au fur et à mesure.

Ce sera tout pour aujourd’hui, je retourne au labo voir quand va finir le 6ème autoclave de la journée (il faut stériliser le LB après culture avant de le jeter, une vrai plaie).

N.B. je ne relis (presque) jamais ce que j’écris, d’où un certain nombre de fautes d’orthographe et de grammaire ou d’oublis de mots. Je m’en excuse par avance. Mais je peux toujours éditer le texte pour enlever les fautes.

Weekend

Samedi, direction Akihabara, le quartier de l’électronique.

A peine sorti de la gare on est abruti par les appels incessants au mégaphone du personnel de chaque boutique. On peut trouver 2 types de boutiques. Les grosses franchises, genre fnac ont des rayons sur 7-8 étages et éventuellement plusieurs boutiques dans le quartier, allant des téléphones portables, appareil photos, ordinateurs, consoles, frigos, climatiseur, cuisinières… bref tout ce qui contient un tant sois peu d’électronique. Du coup on passe son temps à passer de l’une à l’autre pour comparer qui a tel appareil moins cher que son voisin. (Au passage j’ai pu voir et toucher le dernier MacBook Air d’Apple, joli petit bijou.) Viennent ensuite les petites boutiques, sur un seul ou quelques étages. Ici la différence est principalement au niveau de la surface. Un gros 20 m² par étage et un escalier exigu pour passer de l’un à l’autre. Claustrophobes s’abstenir. Ici on trouve encore plus de choses. Les articles d’occasions au meilleur prix, les vieilles consoles de la dernière décennie et leurs jeux « collectors » introuvables en France, et aussi une collection impressionnante de figures en tout genre et à tous les prix, un vrai repères d’Otakus.

En poursuivant vers le Nord on atteint après une petite demi-heure de marche (ou 5 minutes en train pour les fainéants) on atteint le parc d’Ueno, un des plus grand parc de la ville qui renferme un zoo et les plus grand musées de la ville. Après une pause devant un spectacle de rue de jongleurs à yo-yo, je poursuis plus avant dans le parc je tombe sur le panneau des expositions en cours, et que vois-je, une exposition sur la France, allons y !

Après un petit texte introductif en français, disparition totale de la langue de Molière sur les écriteaux, exception faite du titre, mais bon si c’est pour écrire « saucière et son plateau »… La foule est dense et l’avancée lente, surtout quand on approche des tabatières ouvragées. Pourquoi ? Eh bien, les japonais et plus particulièrement les japonaises sont littéralement folles de tout ce qui miniaturisé, alors imaginez les devant ces petites boites serties d’or, incrustées diamants et décorées de portraits sur toutes les faces. C’est vraiment trop « kawai » (mignon) et l’excitation est son comble et l’attente aussi. Devant les soupières au contraire place nette, aucun intérêt.

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Dimanche matin, au réveil, stupeur ! Encore de la neige ! On m’aurait menti ?

Bon ben il va falloir ressortir le parapluie, moyen de prévention national contre la pluie (de préférence transparent, pour pouvoir le tenir face au vent tout en gardant un maximum de visibilité, même à vélo). Pas de pelle à neige en vue, ni de chasse neige. Quoique, vu la consistance de la neige, plus proche de la bouillie que du manteau blanc qui crisse sous les chaussures, pas besoin de trop s’en faire. Néanmoins dans la rue c’est la débâcle, presque personne qui déblaie, voitures qui roulent au ralentis, midinettes endimanchés en équilibre instable sur leurs escarpins… pendant un moment je me demande si les trains vont circuler. Arrivé à la gare, tout est en ordre exceptées les énormes flaques d’eau sur les quais et dans les trains. Cette fois direction Shibuya le quartier ultra-chébran, comme le weekend dernier me direz-vous, mais on est mode ou on l’est pas. Mais cette fois direction un autre musée (un vrai weekend culturel), le musée Bunkamura pour être plus précis pour une expo sur …. suspense …

Et oui Renoir, un vrai weekend placé sous le signe de la France (il est vrai que le fait que cette année commémore les 150 de relations entre la France et le Japon doit aussi y être pour quelque chose). Cette fois bien moins de foule au musée, peut-être aussi parce qu’aujourd’hui est un jour férié (non chômé), setsubon pour être plus précis, la célébration de l’arrivée du printemps (sic). J’ai donc pu profiter pleinement de l’exposition en toute liberté (de mouvements) pour regarder aussi bien les tableaux du père que des extraits des films du fils.
Le musée terminé, je passe faire un tour dans la galerie commerciale attenante pour découvrir une magnifique exposition d’orchidées (plus de 200 variétés différentes et je n’avais pas mon appareil photo, je m’en mords encore les doigts) suite à un concours national d’éleveurs d’orchidées japonais. Après une petite promenade dans le quartier (et celui d’à côté aussi… on va dire que c’est la neige qui a perturbé mon sens de l’orientation) un chocolat chaud et encore un petit tour dans les boutiques de chaussures (y en a tellement, pourquoi se priver), retour au bercail, pour la lessive hebdomadaire… triste retour aux réalités.

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Argent

Au pays du soleil levant le cash est roi.

Et oui, fini la frime avec sa Master Card premium, voir Gold ou son ‘Amex’. Ici tout se paye en liquide, et le problème principal pour les étrangers, et pour moi en l’occurrence c’est de trouver un moyen de se procurer la monnaie locale. A l’aéroport pas de problème, on change ses euros et on s’en va le cœur léger persuadé de trouver des distributeurs à tous les coins de rue, surtout dans la capitale. Monumentale erreur! Les distributeurs sont rares, ouverts uniquement en semaine et jamais après 21h et surtout presque jamais compatible avec les cartes de crédit étrangères. Du coup pas moyen de renflouer le porte feuille et toujours pas de salaire en vue… Les 2 prochaines semaines risquent d’être spartiates si je ne trouve pas rapidement un de ces distributeurs magiques.

Et mieux encore, la banque elle même n’est ouverte que de 9 à 15h. Les japonais eux-mêmes ont honte de leurs banques.



Transport

Un point très positif au Japon, les transports.

Efficace et pas cher, c’est un vrai bonheur de prendre le train. Multitudes de tableaux de renseignements toujours très clair sur le réseau ferré, les tarifs, les horaires, les correspondances, les durées de trajet, tout est fait pour qu’on aille du point A au point B le plus vite possible. Les trains sont toujours à l’heure; il y a des trains toutes 5 minutes; les trains comme les stations sont toujours propres (grâce aux travail des retraités qui complètent ainsi leur maigre retraite) et les correspondances parfaites (on sort d’un train pour monter dans celui sur le quai en face). Grâce aux services de consultations sur internet (ou téléphone portable), on peut préparer son itinéraire à la minute près. Quand on se retrouve à attendre 5 minutes sa correspondance, c’est vraiment qu’on très mal calculé son coup. Pendant le trajet lui-même les gens sont physiquement là, mais toujours ailleurs, soit qu’ils dorment tapotent sur leur portable ou console de jeu, lisent ou écoutent leur mp3. Le train n’est pas un lieu de communication ou d’échange, il est d’ailleurs gentiment rappelé dans chaque wagon de mettre son téléphone en mode ‘manaa‘ (comprenez ‘manners’).

Heureusement pour moi, je voyage dans le sens inverse du flot quotidien et je n’ai donc pas encore eu le droit au voyages façon boite de sardine (juste une fois dimanche dernier, mais je voyais encore mes pieds alors ça ne compte pas vraiment), ni aux pousseurs qui tassent les passagers jusqu’à ce qu’on arrive à fermer les portes du train. Dernière chose à garder en tête le dernier train, généralement aux alentours de minuit et demi, sinon il faudra attendre jusqu’à 6 heures du matin pour repartir.

Séminaire

Aujourd’hui c’est ma journée.

D’abord séminaire. J’ai été ‘invité’ à présenter mes résultats de thèse au séminaire de labo de la semaine (Ça rappelle de vieux souvenirs de classe prépa « un désigné volontaire pour aller au tableau?… Vous!« ). Heureusement le coup était plus que prévisible et j’avais donc déjà traduit mes diapos en anglais. Pour une fois la salle de séminaire était pleine (la dernière fois que j’ai fais des séminaires au Japon j’avais eu des auditoires de 4 personnes maximum avec au moins un dormeur dans le lot) et l’auditoire attentif. Après la présentation, plus de questions que prévu, d’Osamu bien sûr mais aussi des autres chercheurs et post-doc. Après les questions scientifiques sont venues les questions personnelles: « Why do you come to Japan ? » …. Joker.


Ménage

Aujourd’hui, pas grand chose d’intéressant, donc juste deux trois mots sur le nettoyage du labo.

Ici pas de société de ménage qui passe tout les matins (ce qui peux se comprendre quand on voit l’encombrement dans le labo même au niveau du sol). Donc, le ménage est fait une fois par semaine, après le séminaire de labo et tout le monde s’y met. Balai, persillère et swiffer et le plus drôle pour la fin, tri des déchets de la semaine avec étiquetage minutieux de chaque sac poubelle. D’ailleurs pour jeter le moindre pot vide d’un produit chimique il faut se farcir tout un formulaire d’enregistrement du produit en vue de son retraitement. Montre en main, ça a pris une demi-heure. Je comprends mieux la présence de nombreuses bouteilles avec des fonds de poudre un peu partout. J’ai compris le lendemain qu’il y avait une victime commis d’office à l’enregistrement de toutes mes bouteilles vide.

Aujourd’hui pas de manips, mon étudiant est resté chez lui pour rédiger son mémoire de master.

Premières manips

Et c’est parti, finalement mon étudiant est arrivé vers 13h, les manips du jour peuvent donc commencer. Rien de bien excitant au programme pour l’instant, juste un test d’expression à vérifier. Donc centrifugation, sonication et gel de protéines.

Premier point le labo. Pour l’instant je ne connais encore presque rien, donc je dois demander en permanence où se trouve telle et telle chose et après où jeter telle et telle chose (avec 10 sortes de déchets différents c’est un vrai bonheur), le tout avec des explications dans un anglais très approximatif. Le labo est relativement mal rangé, voir très bordélique pour des japonais à mon goût, mais c’est probablement dû à la surpopulation du labo. 25 personnes pour a peu près le même espace de travail qu’au 443-447. Du coup, chacun a au maximum un tiers de paillasse et les undergraduate n’ont pas de bureau. Comme en plus les tampons ne sont pas communs, ça ne facilite pas le rangement. Il a de bonnes choses (mélange pour LB tout prêt qu’on met directement dans la bouteille avec l’eau et hop direct à l’autoclave sans demander à personne si il a quelque chose à stériliser) et de moins bonnes (retour au remplissage des boites de cônes à la mimine, balances de pesée dans un état de saleté déplorable, labo réparti sur 3 pièces sans logique apparente qui oblige à faire des kms ne serait-ce que pour préparer un tampon, passage dans le labo bloqué dés que quelqu’un ouvre un frigo…). L’adaptation sera progressive.

Deuxième point, les personnes au labo. En fait je ne suis pas avec les étudiants mais dans le bureau des post-doc et statutaires (enfin y en a qu’un seul), qui ont eux le droit à une pièce séparée des labo avec chacun son propre bureau et généralement un ordi avec un énorme écran (cristallographie oblige j’imagine). Comme c’est le bureau des sous-chefs, les étudiants n’y rentrent que très rarement et sur la pointe des pieds pour demander conseils et évaluations des résultats de leurs manips. L’ambiance dans le bureau est plutôt studieuse et à peine dérangée par le bruit de l’eau qui bout à intervalle régulier pour que les uns ou les autres se fassent un thé. Les bureaux minuscules des étudiants sont dans les labos même. D’après ce que j’ai pu voir la hiérarchie est la règle de fonctionnement: les M2 apprennent aux M1 qui apprennent aux B4. Pour l’instant je n’ai de contact qu’avec un seul étudiant celui qui a été désigné d’office pour me montrer les manips. Les autres m’esquivent le plus possible pour l’instant.

Au niveau relationnel la première semaine n’a pas été une franche réussi. Personne qui ne m’adresse la parole de la journée. A l’heure des repas chacun part manger quand il a envie soit à la cantine, soit va se chercher une lunchbox, bref chacun pour sa pomme, et vu l’atmosphère tendue dans la pièce aucune chance qu’un étudiant vienne m’inviter à manger avec lui… Et puis lundi, je demande si quelqu’un a l’intention d’aller manger à la cantine à midi (en japonais en plus, la classe ! bon pas aussi bien dit que ça mais ils ont compris) et miracle une réponse positive. Depuis il m’accompagne pour chaque repas, j’en reviens encore pas. Et même aujourd’hui un deuxième est venu, c’est la révolution.

Reste les horaires de travail. Une chose est sure, ils sont pas du matin. L’effectif avant 1Oh est de 4-5 personnes (1 le lundi), mais augmente progressivement jusqu’à 13h. Après le soir, je ne sais pas exactement. Je quitte le labo vers 22h (pour l’instant, je sais pas si je tiendrais le rythme 12h/jour 6j/7 tout le temps) et plus de la moitié des étudiants et la majorité des doc sont encore là. Le weekend le labo n’est pas en accès libre il faut un petit code de sécurité. De ce que j’ai pu voir, il n’y a pas grand monde qui vient le samedi, surtout le matin, et ceux qui viennent sont à peu près les mêmes que ceux qui font le plus d’heures de présence.

Pour l’instant je suis logé à une heure de trajet du labo dans un dortoir pour chercheurs étrangers. C’est un studio assez petit (18 m²) avec cuisinière à gaz, rangements, armoire, étagère, bureau, télé, lit, moquette (beigasse), salle de bain et climatiseur le tout pour un peu moins de 400 euros par mois. C’est pas le rêve, mais c’est pratique pour commencer. Petites choses pratiques inclues: réception de colis, changement des draps chaque semaine, machine à laver et seiche linge commun (bon le sèche linge fonctionne à froid, efficacité zéro le weekend dernier) et aussi produits d’entretien gratuit. Ce sont de vrais malades de l’entretien. Ils fournissent une notice complète sur comment nettoyer de fond en comble son appartement (de préférence chaque semaine) et aussi très important de lutter contre l’humidité. Et oui, il semblerait que l’humidité soit le fléau numéro un de la ménagère au Japon: de 50% d’humidité en hiver à 75% en été. Ça oblige a utiliser le climatiseur pour assécher l’air, à ventiler la salle de bain longtemps après la douche avec la lumière allumée (ça réduit le développement des champignons parait-il) et à surveiller attentivement toute apparition de moisissures. C’est aussi gênant pour le linge, faire sécher les serviettes et d’autres bonnes surprises que je découvrirais bien assez tôt. Autre point, comme le Japon est un pays où il ne fait pas très froid en hiver (sauf cette année, dommage pour moi) le chauffage central n’existe pas. Il faut donc se chauffer avec le climatiseur. Dans un rayon de 3 mètres autour du climatiseur, pas de problème, dans la salle de bain, même porte ouverte, il fait désespérément 13°, autant dire que la douche est rapide. Reste la télé pour se distraire, les 6 chaînes nationales nippones avec leur émissions de variété hautes en couleur, CNN et BBC. Autant dire que je sais tout de la campagne présidentielle américaine (vivement le ‘Super Tuesday‘) et des déboires de la Société Générale (au moins on parle de la France à l’international).

Pour l’instant donc pas trop de loisirs, mais ça viendra (quand j’aurais mon premier salaire aussi, ça aidera, en attendant je compte les euros que j’ai amené pour survivre). J’ai rencontré 3 autres compatriotes sur le même étage que moi (bon y a deux suisses sur les trois, mais à 10 000 km de la France on va pas faire le difficile) et je pense qu’ils vont me faire découvrir les plaisirs de la vie au Japon dans les prochains temps.

Bon c’est pas tout ça, mais l’heure du dîner approche et j’ai encore un gel à révéler (ici ils ne jettent pas le destain, ils mettent du papier absorbant dedans et ils le réutilisent, because pas le droit de jeter l’acide acétique à l’évier).

A la prochaine.