Sortie

Vendredi soir enfin, première sortie by night avec le suisse d’à côté (du labo d’à côté).

Direction une gare assez proche, mais plus animée que les alentours du campus. Entrée dans un izakaya, sorte de bar restaurant à l’ambiance musicale animée. Ce soir mon collègue a décidé de me faire boire. On commence doucement avec une ou deux bières agrémentées de différentes grillades, brochettes, soupes et autres petits plats. L’avantage de parler français c’est qu’on dire les pires choses sur nos voisins sans craindre les moindres représailles ou les oreilles indiscrètes. Un petit saké pour finir et direction le prochain bar. Ambiance sympa sur fond de musique rock occidentale. On nous installe au premier étage, attention plafond à 1m20, assis ça passe tout juste… Et c’est reparti, vin chaud (enfin, fond de vin chaud) puis vin blanc américain (plutôt insipide) avec toujours quelques amuse bouches. Bien sûr tout au long de la soirée discussion à bâtons rompus sur le japon, le travail, la vie tout ça. Très sympa. Comme il se fait tard et même plus que tard et qu’on a déjà loupé le dernier train, je suis invité à dormir chez lui (après demande d’autorisation auprès de sa compagne). Sortie du bar, crochet par la supérette pour acheter une boisson dégrisante avant de partir en quête d’un taxi. Il a beau être plus d’une heure trente la queue pour prendre un taxi est impressionnante. En cherchant bien on trouve un arrêt un peu moins fréquenté, seulement 20 minutes d’attente et notre sauveur arrive. Après une quart d’heure de taxi pour un prix dérisoire nous voilà arrivés à bon port ou mademoiselle nous accueille. L’heure tardive aidant nous nous dirigeons rapidement vers nos lits respectifs.

Le lendemain matin réveil pas trop difficile pour moi (ça marche vraiment cette boisson alors) mais moins agréable pour mon collègue (peut être pas tant que ça finalement).

ARNt

Et oui, ça y est après moultes préparatifs, j’ai enfin pu faire une manip cette semaine, purifier mon ARNt qui hibernais au frigo depuis vendredi.

Lundi donc … rien parce que mon étudiant m’avait dit « il n’y a que 1 seul appareil pour purifier, donc je fais le mien lundi pour te montrer et tu feras le tien le lendemain », soit. Sauf que Lundi j’ai vu deux appareils utilisables… se foutrait on un peu de ma gueule… on va prendre ça pour une erreur d’anglais pour le moment. Donc, mardi c’est parti, moi aussi je purifie. (petite parenthèse pour rappeler que comme on travaille avec de l’ARN et que c’est tellement fragile, tout se fait sur une paillasse dédié, qu’ils prennent soin de traiter contre les méchantes RNAses avant chaque utilisation. Par contre enlever les kilos d’urée cristallisés sur la paillasse et par terre n’a pas l’air d’être au programme….). Mercredi, suite des opérations, purification sur colonne chromatographique, histoire d’avoir un ARN ultra-pure pour faire des super cristaux. Jeudi, fin des opérations, et oui l’ARN et prêt et comme mon étudiant part en vacances pour une semaine, chômage technique again… La purification des protéines ça sera pour la semaine prochaine. Comme chaque type de molécule est purifiée avec une autre machine, il faut que j’apprenne à me servir d’une autre machine pour continuer.

Petit a parte pour parler du fonctionnement du labo, encore. Contrairement à ce que j’avais pensé au départ, les japonais au labo sont très individualistes et surtout superstitieux Chacun prépare ses solutions individuellement et ne partage pas avec les autres, parce que chacun est persuadé qu’il manipule mieux que les autres et pense que les solutions des autres ne sont pas fiables… à tel point que personnes n’utilisent les litres de tampons commerciaux qui traînent au fond des étagères. Autre conséquence les étagères débordent de tampons en x exemplaires et avec des dates de préparations variant entre 6 mois et 3 ans… Pris d’une frénésie de rangement, j’ai largement fait le ménage dans ce foutoir en virant notamment les tubes d’eau stérile datant de plus de 2 mois ou carrément non annotés et en désincrustant la paillasse et le sol de ses tonnes d’urée, histoire d’avoir un espace de travail à peu près utilisable. Comme personne n’ose m’adresser la parole, je ne risque pas d’avoir de plaintes.

Fin de la semaine au bureau donc, encore, des articles encore, des échanges verbaux toujours aussi riches (bonjour, au revoir) et un sens de la communication affûté (vendredi matin tout le monde se barre de 10h à midi pour assister aux présentation des ‘undergraduates‘ sans juger nécessaire de me prévenir … ils ont dû penser que ça ne m’intéresserait pas.

Bref y a du boulot, et sur de nombreux plans.

Enfin des bonnes choses

Aujourd’hui dimanche, pas grand chose au programme, voir même rien, donc un peu de lèche vitrine à Shibuya. Le must c’est la tour 109 avec les fringues les plus tendances et surtout les plus extravagantes. Dommage qu’on ne puisse pas faire de photos, c’est tellement trop que je n’arrive pas à trouver les mots pour décrire ce que j’ai vu.

Mais le plus intéressant n’est pas là, non. Au détour d’une rue je suis tombé sur une boulangerie qui pour une fois avait l’air française, pas comme ces simili-boulangeries de quartier qui vendent des petites pains à la knack… Curieux, j’entre et après avoir regardé ce qu’il y avait en rayon (que des choses connues, sous-titrées en français en plus, le rêve !) je me décide pour une valeur sure et qui permet des comparaisons facile, le petit pain au chocolat. Et le goût est au rendez-vous, un vrai bon petit pain à Tokyo c’est possible. Seul bémol le prix, compter 1 euro 60… Un peu plus tard je m’arrête déjeuner dans une pizzeria. La aussi, pas de prise risque, une margerita. Et encore une bonne surprise, une pizza certes petite, mais à 4 euros on pourra difficilement se plaindre, mais très bonne se surcroît. C’est la fête. Comme quoi en cherchant bien, il devrait y avoir moyen de manger convenablement dans cette ville.

Mentalités

Petit a parte sur les différences de mentalités entre japonais et chinois.

Comme j’ai pu le constater les japonais sont plus que réservés, pas très communicatifs et rarement souriant à but non lucratif. Je comprends d’ailleurs mieux pourquoi Mac Donalds a instauré ici le ‘smile service‘ où l’on peut demander gratuitement (c’est rare au Japon) un sourire à la caisse. Hors hier dans le métro je me suis retrouvé assis à côté de trois chinois dans le métro. La trentaine, ils n’arrêtaient pas de faire des signes à la gamine de deux ans assise en face et réfugiée entre ses deux parents et des que je me suis assis ils ont tout de suite engagé la conversation: quel travail, quel pays, les jolies filles françaises et le vin, tout ça avec de grands éclats de rire. Et au moment de se séparer, après 4 bonnes minutes, moultes ‘au revoir’ et grands signes. Un résultat qui me prendrait plusieurs semaines à obtenir de japonais non imbibés…

Pruniers en fleur

Ce weekend, à la demande expresse de A. et pour me remettre un peu à la photo, c’est la tournée des parcs de Tokyo pour aller voir, humer et shooter les pruniers en fleurs. Après collecte d’informations sur internet concernant la localisation des parcs, les périodes de floraison et le pourcentage de floraison dans chaque parc, je prépare mon plan de route pour aller visiter 6 parcs différents répartis un peu partout dans la ville. La météo prévoit 16°C et plein soleil toute la journée, des conditions idéales pour faire de belles photos. Le soleil se couchant vers 18h, départ 9h oblige si je veux pouvoir couvrir tous les lieux sans faire un marathon.

Premier parc, Shinjuku.
A l’entrée (payante) le parc est assez désert, pas un passant en vue, ni la moindre fleur d’ailleurs. De grandes étendues d’herbe jaune et d’innombrables allées de cerisiers encore en hibernation. A l’heure de la floraison des cerisiers les parcs seront littéralement recouvert d’un manteau blanc-rose, un spectacle qu’il me tarde déjà de contempler. Mais pour l’heure, c’est encore l’hiver dans les parcs. Je poursuis mon chemin pour finalement arriver aux pruniers tant espérés. Moins nombreux que les cerisiers ils sont effectivement en pleine floraisons avec leurs bourgeons à différents stades d’ouverture. C’est parti pour les photos, d’autant plus que le lieu est encore presque désert. Je poursuit ensuite mon chemin avant de tomber sur un cerisier déjà en fleur et déjà sous les feux de deux retraités photographes amateurs suréquipé qui font passer mon appareil pour un instantmatic… la honte. Ça ne doit pas être la même catégorie de retraités que ceux qui ballaient dans le métro. Plus loin encore c’est tout un club de photo qui mitraille un malheureux prunier. Néanmoins la séance photo se fait dans le silence et le recueillement avec une longue contemplation entre chaque cliché… tout un rite!

Deuxième parc, le jardin impérial, rien que ça.
Ici il y a toute allée aménagée avec des pruniers arborant des fleurs du blanc au violet. Ici trop de touriste pour que le lieu soit propice au recueillement donc pas de professionnels de la photo, seulement des touristes ordinaires se faisant prendre en photo devant les arbres en fleurs ou des lycéennes mitraillant avec leurs téléphones portables à coup de ‘kawaiii‘…

Troisième parc, un temple, avec son petit festival dont j’ai oublié le nom.

Encore une ambiance différente, ici c’est un peu la foire, certains prient, d’autres écrivent un petit ex-voto ou contemplent les quelques pruniers en fleurs et beaucoup bâfrent à l’une des nombreuses gargotes qui jouxtent le temple (on trouve de tout, nouilles sautées, brochettes, hamburgers, friandises…), le tout dans une ambiance bon enfant rythmé par un fond de musique traditionnelle.

Quatrième parc, une allée verte le long de la rivière.
En fait pas tellement verte que ça, saison oblige, avec un seul pauvre prunier en fleur et beaucoup de poussière. En plus, voilà que le soleil m’abandonne. Qu’est ce que c’est que cette météo japonaise, ça vaut pas mieux que Météo France ma parole! Pire encore la température chute, le vent se lève et toute une partie du ciel se couvre d’un voile gris peu engageant. Abandon du plan parcs pour le moment. Pfff… la loose

Je me dirige donc vers le quartier de l’électronique encore une fois pour faire le tour des magasins de matériel de photo. Finalement les prix dans ces boutiques ne sont plus si intéressant que ça depuis l’ère d’internet… Pendant ce temps le temps dehors ne s’arrange pas, le vent se fait de plus en plus violent et la température continue de baisser. Je décide donc à regret le retour au bercail. Malheureusement, vent fort oblige les lignes de trains sont perturbées (il semblerait que les lignes JR du train nationales soient plus sensibles aux intempéries que les lignes privées…). Après plus du double de temps nécessaire, j’attends enfin mon refuge.

Fin d’une journée mouvementée.

Comme d’habitude le reste des photos sont consultables sur la galerie.

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Jeux & Marathon

Ce weekend, encore un long weekend, j’en profite tant que je peux.

Samedi direction l’autre côté de la baie de Tokyo ou presque pour aller à l’AOU, le salon annuel de l’amusement, tout un programme en perspective.

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Sympa ce train en bord de mer,on peut voir l’autre côté de la baie, toutes les grosses usines et hangars (amazon.co.jp, IKEA,…) et même Tokyo Disneyland! On se rend compte aussi qu’il y a un nombre impressionnant de HLM tous identiques sur la baie, de vrais dortoirs. Arrivé enfin à destination, je suis les gens qui sortent de la gare et se dirigent, je l’espère, vers le parc d’exposition. Pas tellement de personnes et peu d’enfants contrairement à ce que j’aurais pu penser. Sur place, après avoir payé mon droit d’entré je reçoit mon badge et j’entre enfin dans l’antre. Un grand hall d’exposition avec une trentaine de stands de sociétés différentes, beaucoup de jeux vidéo et de machines à sous et beaucoup de bruit. Typiquement japonais, les nombreuses hôtesses aux couleurs de chaque stand en talons aiguilles et robe plastique courte ou pire déguisées en personnages de jeux, mais toujours mitraillées par une tonne de photographes sur-équipés. Le principe du salon est simple, chaque boîte vient présenter en ‘avant-première’ ses nouveaux poulains. Événement majeur du salon, Capcom, qui présentait son nouveau et très attendu jeu, Street Fighter 4. Pour l’essayer pas de mystère, il faut faire la queue, une bonne heure, saoulé par la vidéo d’introduction qui tourne en boucle à plein tube. Vient enfin son tour, on s’assied, on se chauffe les doigts et on prend sa raclée (on est pas au pays des jeux vidéo pour rien) et on sort sans demander son reste. Pour les autres stands, je me contenterai de regarder.

Dimanche, un peu plus d’action au programme, c’est le Marathon de Tokyo. Lever aux aurores donc (enfin, pour un dimanche), le départ étant à 9h00, pfffff…
J’ai préparé mon coup à l’avance et j’ai choisi un emplacement avec passerelle au-dessus de la route et où les coureurs passeront dans les deux sens. (pour le plan de la course vous pouvez voir ici, tant que le journal garde la page… Marathon. Une fois sur place, dommage, pas le droit de rester sur la passerelle pour ne pas gêner les gens qui traversent et peut-être aussi pour que la passerelle ne s’effondre pas. retour donc sur le plancher des vaches, mais avec le léger avantage que la taille moyenne des japonais ne dépasse pas les 1m65, pratique pour les photos.
Premier passage, les handicapés qui ont le droit à leur marathon spécial 10 km, puis arrivent une dizaine de minute après le premier groupe de coureurs passant à vive allure. Les groupes suivants s’enchaînent pendant une bonne demi-heure avant que n’arrive le gros du peloton qui va mettre plus d’une heure et demi à passer. Beaucoup de sportifs du dimanche dans ce marathon et aussi une proportion impressionnante de personnes âgées. Et bien sûr toute la famille est sur le bord de la route pour encourager tout ce petit monde. En plus on le droit à toute une série de déguisements, pas trop exotiques non plus, le règlement étant assez strict.

Pour plus de photos vous pouvez aller sur la galerie.

Une fois le flot passé, retour vers mes pénates avec une petite marche quand même jusqu’à la station proche de mon prochain labo, histoire de voir à quoi vont ressembler nos nouveaux locaux au mois d’Avril.

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Au boulot

Tant que je suis dans les cartes, j’en profite pour rajouter celle du trajet quotidien que je fais pour aller au labo. En tout, comptez une bonne heure.

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Ballades

Comme je ne suis pas vraiment surchargé de boulot aujourd’hui, j’en ai profiter pour rajouter les cartes googlemaps des différentes promenades que j’ai pu faire depuis mon arrivée. Plutôt que vous mettre toutes les cartes d’un coup, je les ai insérées avec les articles correspondants.

Bonne lecture

C’est le week-end

Hum, ça fait pas très japonais ce titre, mais peu importe. La charge de travail quotidien cette semaine étant proche du zéro absolu les heures défilent plus lentement à la pendule que d’habitude. Heureusement qu’il a fait beau toute la semaine, il y a au moins quelque chose à regarder par la fenêtre…

Plus sérieusement cette semaine, suite et fin (je l’espère) des formalités administratives. Mercredi matin, direction l’ambassade de France pour l’inscription sur les registres et par la même occasion sur les listes électorales (on sait jamais, des fois que je sois pris d’un sursaut de sens civique à plus de 10 000 km de la France). Toujours équipé de ma carte de Tokyo made in France (très bon achat ce petit livre, les plans sont bien détaillés, je recommande vivement à tous ceux qui passeraient à Tokyo un jour) je sillonne à travers les ruelles du quartier des ambassades sous un soleil éclatant (quelques arbres en plus auraient été le bienvenu, mais on ne peut pas tout avoir). Sur place on me dit que j(aurais pu simplement envoyer le formulaire au lieu de venir… c’est pas grave, au moins je profite du beau temps. Puis on me remet un petit fascicule avec les recommandations en cas de catastrophes naturelles, à savoir principalement les tremblements de terre.

Les tremblements de terre. Il y en a tous les jours au Japon, mais souvent de magnitude tellement faible que je n’en ai pas encore ressenti un seul. Néanmoins la menace est constante et le spectre des tremblements de terre de Kobe en 1995 ou Tokyo en 1923 plane encore dans l’inconscient collectif. Rajoutez à ça la prophétie d’éminents scientifiques japonais sur la survenu du grand tremblement de terre, d’ampleur encore jamais ressenti, qui dévastera le Japon (et surtout Tokyo) dans la (ou les) prochaine(s) décennie(s) et la psychose collective est omniprésente. D’où tout un tas de recommandations en cas de catastrophes: s’abriter sous une table bien sûr, mais aussi couper le gaz, maintenir une porte ouverte, ne pas paniquer (sic), rester chez soi plutôt que se précipiter dehors pour se prendre une enseigne ou un pot de bleu sur le coin de la gueule, écouter les infos et le cas échéant rejoindre le point de rassemblement du quartier. Pour se préparer activement, chaque 17 Janvier (date anniversaire du tremblement de terre de Kobe) ont lieu tout un tas d’exercices de prévention. D’autres services sont aussi à disposition comme la possibilité de prévenir ses proches par téléphone plus rapidement.
Mais le plus cocasse je trouve c’est le sac de survie. Et oui, s’agirait pas de partir de chez soi les mains dans les poches ou avec seulement son téléphone en main. Il faut préparer à l’avance un sac qui contiendra de quoi survivre pendant 2-3 jours qui sera toujours prêt à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Dans le sac il faut prévoir : de bonnes chaussures, une couverture de survie, un sac de couchage, un pull, des sous-vêtements de rechange, un tapis de sol, un casque, un couteau suisse, une lampe torche, une radio, des piles, une trousse de premiers soins, des vivres pour trois jour et de l’eau (pour 3 jours avec 3 L/jour) et bien sûr papiers d’identité, livret bancaire et autres paperasses. Je vous laisse imaginer le poids du sac à dos de survie une fois rempli, sachant qu’on recommande bien sûr de prendre le strict minimum et de voyager léger… Reste à savoir si tous les japonais ont vraiment un tel sac (1 personne bien sûr) prêt chez eux en permanence. Moi je suis mal parti, j’ai même pas pensé à emporter un couteau suisse… c’est la loose.

Bon, revenons à la journée de mercredi. Après l’ambassade, direction le bureau de l’immigration pour se procure une autorisation de ré-entrée sur le territoire à usages multiples (sans ça, pas le droit de revenir au japon après un voyage). Anciennement localisé près de Shinjuku, le dit bureau a déménagé il y quelques années sur la baie en plein secteur industriel… un régal. Ayant encore toute la journée devant moi, je décide d’y aller à pied. En chemin je tombe sur un sanctuaire abritant les tombes des célèbres 47 ronins et pullulant de lycéens en sortie ‘cours d’histoire’ et notant consciencieusement le nom sur chaque tombe tout en me jetant des regards en coin. Je poursuis ma route vers la baie dans un paysage beaucoup moins attrayant de béton, d’acier et de buildings immenses, le tout avec cette bonne odeur de la mer. Arrivé au bureau de l’immigration, comme un air de déjà vu. Comme quoi toutes les grandes administrations se ressemblent indépendamment du pays… Heureusement pour moi pas grand monde au bureau du re-entry permit et après m’être acquitté de la somme de 6 000 yens en timbre fiscaux, on me colle la vignette magique dans le passeport, valable trois ans comme le visa, le pied. A partir de maintenant plus besoin de faire une longue queue au bureau de l’immigration à chaque voyage comme tous les touristes, je pourrais passer par un guichet spécial. Vive la promotion sociale!
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Sur le chemin du retour je m’arrête pour faire faire ma carte de train mensuelle. Tout en japonais au guichet, j’obtiens pas peu fier ma carte avec une facilité déconcertante. J’apprendrais le lendemain que je n’ai qu’une carte magnétique qu’il faut passer dans l’avaleur à chaque passage (comme les tickets) alors que j’aurais pu avoir un badge qu’il suffit de passer au-dessus d’un détecteur… demi-victoire donc, et mis à jour vers ce système dans un mois.

Le reste de la semaine pas grand chose d’intéressant, journées interminables au labo à lire des articles, quelques mails et attendre mon collègue pour aller se restaurer. Seul point positif ce matin après passage à la banque j’ai pu constater avec joie que j’avais enfin reçu mon salaire et quel salaire: de ‘à la rue’ je suis passé directement au stade de demi-millionnaire. La grande classe. Je sens que vais aller faire les boutiques demain (quel bonheur d’ailleurs les magasins ouverts tous les jours et jusqu’à point d’heure). D’ailleurs on vient à l’instant de me remettre ma fiche de salaire. Pli scellé, format vertical, la classe. Je n’ose même pas l’ouvrir.

Bon vendredi à tous et bon weekend.

N’hésitez pas à laisser des commentaires, ça me donnera un peu moins l’impression de monologuer.

Jour férié

Jour férié et beau temps aidant, aujourd’hui nouvelle ballade au programme.

Destination Shibuya comme point de départ, c’est pas trop loin de ma station et ça offre pas mal de possibilités. A partir de là, direction le nord-est vers Harajuku, le quartier des boutiques de mode pour jeunes. Ici, dans un dédale de petites ruelles les boutiques de griffes françaises, anglaises, suédoises et j’en passe. Un peu plus loin on tombe sur Otome-sando, LE boulevard de Tokyo, comparable aux Champs Elysées à Paris. Au détour d’une ruelle on peut néanmoins tomber sur des petits cafés sympas. Tiens, tiens une crêperie bretonne !

Je poursuis mon chemin au travers les ruelles pour rejoindre le quartier d’Aoyama et le musée qui m’intéresse aujourd’hui, le Aoyama Unimat Museum, Chagall and Ecole de Paris Collection, rien que ça. Le musée se décompose en petites salles réparties sur 4 étages (n’ayant pas compris tout de suite, j’étais prêt à crier au scandale croyant que j’avais payé 1000 yens pour une dizaine de tableaux). Au programme des toiles de Chagall (logique), Renoir, Monet, Cezanne mais aussi d’autres artistes moins connus (de moi en tout cas) comme Laurencin ou Degas. Pour finir un reportage en français (pour peu qu’on tende l’oreille) d’une heure sur Chagall et son œuvre. Belle exposition, mais je préfère la photographie.

Après le musée retour vers Shibuya en passant par le cimetière d’Aoyama puis les boutiques à nouveau. Admirez d’ailleurs ce superbe gâteau aux fruits, enfin je dirais plutôt ces fruits (dis)posés sur un biscuit.

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Pour une fois je vais rentrer avant la tombée de la nuit. Juste une petite halte au supermarché pour trouver de quoi se restaurer ce soir, observer un corbeau vorace en train d’éventrer un sac de bonbons dans le panier d’un vélo garé devant la supérette. Une vrai plaie à Tokyo ces corbeaux. Ils sont énormes, se multiplient constamment et savent pleinement tirer parti du milieu urbain (jeté de noix sur la route pour que les voitures roulent dessus, éventrement des sacs poubelles – d’où les heures de collectes des ordures restreintes; j’oubliais de dire que l’on a pas de poubelle personnes, le ramassage ne se fait qu’à des endroits bien précis et le type d’ordures collectées est différent chaque jour). Et comme il fait encore jour vous avez droit à une photo de l’International House.

Il n’y a personne sur la photo, mais ça reflète tout à fait le sentiment d’abandon qu’on ressent en arrivant.