Fin de semaine entre français (ou presque)

Toujours la même semaine, décidément riche en événements, j’accompagnais les doctorantes dans le grand Tokyo après leur visites de labos. Vendredi était réservé au côté culturel avec visite du musée national, mais aussi escapade à l’exposition Corot et visite du temple d’Asakusa aux couleurs flamboyantes. Le samedi au contraire était réservé au Japon moderne à Shibuya avec le tour de toutes les boutiques possibles : department store, boutiques pour fashion victims, le paradis du bricoleur, et d’autres encore au concept indescriptible; un vrai festival de formes et de couleurs, et parfois aussi de tintamarre.

Enfin, le samedi soir avec ma moitié, nous avons fait un détour l’autre bout de la ville pour assister une petite demi-heure à un feu d’artifice au bord de la rivière. Épuisant, le spectacle en valait néanmoins le détour. Au Japon le feu d’artifice (toujours en été) n’est pas là pour célébrer quelque chose mais constitue l’événement lui-même. Généralement assez long, les spectateurs s’installent ou se promènent tout au long du spectacle. Le feu d’artifice c’est le moment où le temps s’arrête au Japon, une oasis dans la vie frénétique des citadins, avec une ambiance très calme, détendue et familiale.

Welcome & Farewell Party

La semaine dernière toujours, juste après la Summer School, était organisée au labo la soirée de départ de l’étudiante chinoise ainsi que l’arrivée d’une nouvelle technicienne.

Comme toujours, l’événement et la collecte de fonds est organisée à l’avance pour une soirée dans un bar-restaurant (un izakaya, concept typiquement japonais) à 19:00 pour une durée estimée à deux heures, classique. Mais la différence cette fois était l’absence des chefs, d’où une ambiance beaucoup plus détendue qu’à l’accoutumée avec nombre d’animations, le clou étant la demande de mariage en live du doctorant japonais à la chinoise, le must. Et puis bien sûr, avec le départ progressif des participants les discussions se centrent sur qui sort ou pourrait sortir avec qui, qui sera le prochain à se marier… un peu plus intéressant que les discussions purement scientifiques. Et pour une fois le planning n’a pas été respecté, nous avons pu rester 4 bonnes heures sur place, comme quoi j’ai été mauvaise langue de dire que les fêtes japonaises ont toujours une durée réglementaire de 2 heures.

Summer School

Désolé pour le manque de mise à jour depuis presque deux semaines, je manque à mes obligations. Reprenons les choses là où je les avais laissé.

La semaine dernière, fin Juillet, je participais à la Summer School du Global COE, le gros projet sur lequel je suis payé depuis mon arrivée. Et plus important je devais donner une présentation de mon travail, ce que je n’ai appris que quelques semaines avant l’événement. Mais heureusement je ne me rendais pas seul à l’événement, trois doctorantes de l’ULP dont A. se sont jointes (comme quoi les filles sont plus curieuses et aventurières que les garçons). Nous partions plutôt pessimistes suite à la lourdeur et aux aléas de l’organisation. Mais notre scepticisme a été assez balayé.

Dés notre arrivée sur place, pas loin du Mont Fuji, le professeur organisateur a tout de suite donné le ton en disant que c’était l’été, qu’on était là pour profiter du site et la décision de consommer des boissons alcoolisées avant les conférences était laissée à notre libre arbitre. Il a par la suite ponctué les conférences d’éclats de rire et de calembours de son cru. Ambiance surréaliste. En face les intervenants, même de niveau professeur assistant, lutaient avec leur anglais limité pour présenter leurs travaux. Preuve encore une fois du niveau d’anglais affligeant de nombre de scientifiques japonais au demeurant talentueux dans leurs domaines, mais à jamais condamnés à ne pas dépasser le seuil de la reconnaissance nationale. Les seuls qui s’en tirent bien sont ceux qui ont choisis de passer quelques années à l’étranger après leur thèse.

Pas trop le temps malheureusement de profiter du décor pendant le jour et demi qu’a duré la summer school, juste le temps de boire quelques bières le premier soir. Le lendemain midi, photo finish et retour à la capitale. Vous n’aurez je pense aucun mal à identifier sur la photo le dit professeur, aussi surnommé Super Mario et pas seulement par référence à sa moustache.

Bonsai

Tous les matins je passe devant l’ambassade de Taiwan plantée de magnifiques sapins de plus de 10 mètres de haut. Jusqu’à la fin du printemps ils arboraient une parure superbe digne du sapin de Noël de la place Kleber. oui, mais voilà, pour l’été ils ont eu le droit à une coupe, un rafraîchissement comme on dirait, mais plutôt radical, les faisant plus ressembler à des bonsaïs géants… Sacrilège!

Je sens que le père Noël ne passera pas pour tout le monde.

Labo

Certains me reprochent à juste titre de ne pas parler de mon travail. J’y passe déjà tellement de temps qu’il est vrai que je n’ai pas très envie d’en prendre encore plus pour vous raconter. Mais je vais essayer de faire un petit effort tout de même pour vous présenter un peu l’ambiance qui règne ici.

Un exemple aujourd’hui, les horaires de travail à rallonge. Même si la plupart des gens n’arrivent pas au labo avant 10h ou 11h le matin, il n’est par contre pas rare qu’ils restent jusqu’aux environs de minuit, heure fatidique du dernier train. Mais cela ne veut pas dire qu’il travaillent comme des acharnés toute la journée. Moultes pauses viennent ponctuer la journée. Illustré juste après le cas de l’étudiant X pris en flagrant délit de roupillon sur les coups de 19h. Phénomène assez fréquent chez les personnes d’un âge certain en France, ce cas n’est ici pas isolé et il m’a déjà été donné d’en observer d’autres a divers moment de la journée avec un pic au séminaire hebdomadaire.

Trop de travail tue le travail (ou le travailleur… il y encore eu un cas de mort par surmenage la semaine dernière).

Encore

Moi qui m’étais mis aux horaires coucher minuit lever 7h, histoire d’aller un peu plus tôt au labo et aussi de rentrer avant le milieu de la nuit chez moi (notion toute relative au Japon où le soleil se couche à 18:50 et se lève à 4:45).

Mais non, j’ai encore eu le droit à un tremblement de terre sur les coups de minuit et demi, niveau 3 ici, traduisez par ‘on sent très bien que la maison oscille, surtout allongé, et le plafonnier accompagne’. C’en était fini de ma nuit réparatrice de 7 heures, le calme et le sommeil étant long à revenir après la décharge d’adrénaline.

Direction

Si vous êtes perdus, suivez les flèches…

Akihabara, l’envers du décor

Akihabara, c’est le quartier de l’électronique, mais aussi des jouets et des maid cafés, le paradis des otakus (et occasionnellement des forcenés armés de couteaux).

Il y a sa rue principale avec ses boutiques détaxées pour touristes, ses vendeurs vociférant tous plus forts les uns que les autres, les filles alignées en costume de soubrette (ou maids) distribuant des tracts pour leurs cafés respectifs) et de temps en temps des grosses peluches pour la promotion du dernier jeu du moment, qui attirent tout de suite une foule de photographes armés de téléphones portables.

Mais dans les rues on retrait on trouve un véritable marché de l’électronique, le plus souvent à même le sol, où il possible de se construire un ordinateur décent à moindre frais.

Pincement au cœur en voyant ces ps2 jetées négligemment dans un carton. Pire encore une Neo Geo cartouche, arg!

Gion matsuri

Cet été, je sais il est loin d’être fini, j’ai pris ma semaine de vacances avec ma dulcinée la semaine dernière.

Quelques jours à Tokyo pour se promener, aller au musée et voir des amies. Après direction Kanazawa (quelque part au Nord-Ouest, je sais plus trop, mais il faut bien 4 heures de train pour s’y rendre) pour rendre visite à une de ses amies d’enfance qui va se marier à l’automne prochain. Et enfin direction Kyoto, sa ville natale ou presque, pour voir ses parents et aller au festival de Gion.

Qu’est ce que c’est donc que le festival de Gion? C’est une grande fête où chaque quartier de la ville construit un char en bois, de taille plus ou moins imposante, et cela depuis les temps immémoriaux (ou presque). Chaque char est plus ou moins sacré et arbore des artefacts d’origines diverses (tapisserie médiévale…). Après plusieurs jours de construction, les chars sont exposés au public et surtout aux photographes avant de défiler dans la ville selon un ordre bien précis. Mais le festival de Gion c’est aussi l’occasion de se promener en yukata (kimono léger, moins protocolaire) et socques en bois dans les rues de la villes envahies d’échoppes de brochettes, nouilles sautées, mais aussi pêche aux poissons, tir à la carabine et j’en passe, une bonne ambiance de fête foraine somme toute, le tout rythmée par la musique traditionnelle diffusée par hauts-parleurs, XXIème siècle oblige.

En bonus donc quelques photos de l’événement, d’une qualité déplorable je le reconnais, je n’ai pas eu le courage de transporter mon appareil photo et me suis contenté de mon téléphone portable. Lamentable. Ne cherchez pas des photos de moi en kimono, d’une part je n’en portait pas, et de deux je ne suis pas sur les photos. Admirez plutôt le yukata de mademoiselle.

Corot

Et oui, encore un artiste français, heureusement c’est bientôt la fin de l’année des relations franco-japonaises.

Ce samedi donc, je me suis rendu au parc d’Ueno sous la chaleur accablante de l’été japonais (un bon 34°C renforcé par un généreux taux d’humidité). Mon éventail la main, je me force à couvrir les quelques centaines de mètres qui séparent la gare du musée.

Billet en main, j’aborde cette exposition de l’œuvre de Corot (j’ai déjà oublié ses 3 prénoms, désolé), censée être la plus grande rétrospective jamais organisée hors de France, comme le souligne (presque à chaque fois) le pamphlet introductif. Bien que nous soyons seulement aux premières semaines de l’exposition, le musée est déjà comble grâce à la renommée de Corot ou à ses salles climatisées… Après 20 minutes en file indienne, j’abandonne le flux pour survoler les toiles, m’arrêter longuement devant un tableau particulier ou même remonter à contre courant.

N’étant pas un grand amateur de peinture, je ne m’étendrais pas sur la technique ou l’influence de l’artiste sur ses successeurs, mais j’ai quand même été frappé par le caractère très réel de ses toiles. Les perspectives sont toujours très bien rendues, et les toiles, malgré des couleurs assez neutres sont très claires avec de forts contrastes. Les arbres en particulier sont criants de vérité.